Février en Sicile, c’est un petit secret bien gardé. Chez nous, l’hiver traîne encore. Ici, le soleil s’installe franchement, les températures s’adoucissent et la lumière prend déjà des airs de printemps. Surtout, les foules ne sont pas encore arrivées. L’île respire. Nous aussi.
Dans cette douceur inattendue, l’île se dévoile autrement. On flâne sur des places baroques baignées de soleil, on longe des plages presque désertes, on grimpe jusqu’à des villages perchés dominant la mer. À chaque détour, des vestiges antiques rappellent que cette terre est habitée depuis des millénaires et que chaque époque y a laissé son empreinte.
Entre plages sublimes, cités historiques, paysages volcaniques et trésors archéologiques, la Sicile regorge d’activités incontournables. Même en quelques jours, elle offre ce mélange unique de culture, de douceur de vivre et d’énergie méditerranéenne qui rend le voyage inoubliable.
Et le mieux dans tout ça ? Elle est beaucoup plus proche qu’on ne l’imagine. Malgré sa taille impressionnante, la Sicile n’est qu’à quelques heures d’avion de la France. Un week-end prolongé suffit pour changer de saison, changer de rythme… et repartir avec l’impression d’avoir vécu bien plus que trois jours.

Pour notre part, en trois jours, nous avons choisi de partir à la découverte du Sud-Est de la Sicile, une partie de l’île où l’histoire, la nature et le soleil se conjuguent à chaque pas. En partant de Catane, nous plongeons directement au cœur de paysages spectaculaires, de villes baroques et de ruelles pittoresques. Trois jours, quatre villes, et une immersion totale dans une Sicile qui semble à la fois authentique, solaire et pleine de surprises. De quoi poser ses valises pour un week-end prolongé… et revenir les batteries pleines, au cœur de l’hiver.
Catane – L’Etna en arrière-plan
🐟 La Pescheria — Le cœur vibrant et populaire
On commence la matinée à la pescheria, au cœur du marché aux poissons. Sous les auvents, les étals débordent de poissons encore luisants ; les vendeurs s’interpellent à voix haute et les locaux achètent leur poisson presque comme à la criée. La scène est vivante, animée, brute.



La Piazza del Duomo — L’âme baroque de Catane
Puis on débouche sur la Piazza del Duomo, encore calme à cette heure matinale. Quelques habitants traversent la place d’un pas tranquille, tandis que les cafés installent leurs premières tables. La ville s’éveille doucement.
Au centre, l’éléphant de lave — le célèbre Liotru — se dresse, imperturbable, avec son obélisque sur le dos. Autour de lui, la pierre sombre raconte l’histoire des éruptions et des reconstructions. Et au loin, discrètement, l’Etna dessine sa silhouette, encore poudrée de neige en février. Le contraste entre le ciel bleu éclatant et le volcan enneigé suffit à justifier le voyage.





L’Église della Badia di Sant’Agata — Catane vue d’en haut
Juste à côté du Duomo, presque discrète, se trouve la Chiesa della Badia di Sant’Agata. C’est ici que l’on trouve l’une des plus belles vues de la ville. On grimpe lentement les escaliers en colimaçon. Les marches sont irrégulières, les murs rapprochés, et l’on sent que le bâtiment a traversé les siècles. En débouchant sur la terrasse, la vue s’ouvre soudainement à 360 degrés. Les toits noirs de lave alternent avec les façades claires, les coupoles ponctuent l’horizon, et l’Etna s’impose au loin avec une élégance tranquille. La ville paraît à la fois dense et harmonieuse, désordonnée mais vivante.









🏛 Monastère des Bénédictins — Entre austérité et lumière
En poursuivant la balade vers les hauteurs de la ville, on rejoint le Monastère des Bénédictins, l’un des plus vastes d’Europe. De l’extérieur, le bâtiment impressionne par ses dimensions et son allure presque austère – avec, par endroits, un côté un peu soviétique. On devine immédiatement qu’il a traversé les séismes, les éruptions, les reconstructions successives. À l’intérieur, l’atmosphère change. Les cloîtres s’ouvrent sur des cours lumineuses, les galeries jouent avec les perspectives. Aujourd’hui intégré à l’université de Catane, le lieu mêle patrimoine et vie contemporaine.













En flânant dans les rues alentour, on découvre des balcons en fer forgé, des palais aux portails monumentaux et du linge coloré suspendu entre deux immeubles. Catane est un peu bruyante, parfois un peu sale, souvent désordonnée — mais c’est aussi ce qui la rend si vivante. Elle déborde d’énergie, de voix, de scooters qui filent et de conversations animées. Derrière cette agitation, on sent une ville sincère, chaleureuse, profondément humaine, où il fait finalement bon vivre.







San Berillo — L’énergie créative et alternative
On termine la visite par le quartier de San Berillo, longtemps laissé à l’écart et aujourd’hui devenu l’un des visages les plus créatifs de Catane. Ici, les murs servent de toiles à ciel ouvert : fresques colorées, portraits géants, messages engagés. Les œuvres surgissent au détour d’une ruelle, entre deux immeubles patinés par le temps.





Syracuse & Ortigia – entre histoire et douceur
En quittant Catane, la route nous mène vers Syracuse, fondée au VIIIᵉ siècle av. J.-C. par des colons grecs. Cette ville, qui fut l’une des plus puissantes de la Méditerranée, nous plonge immédiatement dans son passé grâce à son héritage impressionnant : parcs archéologiques, théâtre grec encore utilisé aujourd’hui, amphithéâtre romain et la mystérieuse Oreille de Denys, une grotte célèbre pour son acoustique étonnante.
Le cœur historique de la ville s’articule autour de Ortigia, joyau baroque où se concentrent ses plus beaux monuments et vestiges. Dès l’entrée de l’île, sur la Piazza Pancali, se dressent les colonnes du Temple d’Apollon, l’un des plus anciens temples grecs de Sicile. Autour de ces vestiges, la vie continue : habitants, boutiques et cafés s’animent au rythme de l’île, comme si l’Antiquité se mêlait naturellement au quotidien.




Plus loin, la cathédrale de Syracuse s’élève sur les vestiges d’un ancien temple grec, témoignant discrètement des millénaires d’histoire de la ville. En arrivant sur la célèbre Piazza del Duomo, on la trouve malheureusement en travaux. Les échafaudages et barrières atténuent un peu sa splendeur, mais la majesté de la place et de la cathédrale reste bien présente.
Même en chantier, Ortigia séduit : les ruelles, les cafés et les monuments suffisent à ressentir la richesse historique et la beauté du lieu. Les rues sont étroites, parfois comme un petit labyrinthe, mais c’est justement ce qui fait leur charme. Le linge suspendu danse entre les balcons en fer forgé, les volets sont entrouverts, et le soleil de février se glisse partout. Il fait doux : juste assez pour retirer sa veste, pas assez pour avoir froid — l’équilibre parfait.














En continuant vers le bord de mer, la promenade s’ouvre sur un horizon infini : la mer Ionienne scintille. Au bout de l’île, le Castello Maniace se dresse, majestueux, face à la mer. Ce château médiéval, construit à l’époque normande et remanié par la suite, domine la pointe sud d’Ortigia. Ses murailles s’avancent dans l’eau et offrent de jolies vues sur le port.





Trois jours à l’Est de la Sicile ne suffisent pas pour tout voir, mais une journée entière ici suffit pour s’imprégner de l’ambiance unique d’une cité classée à l’UNESCO, entre histoire, lumière et douceur de vivre.
Ragusa Ibla, la spectaculaire
En quittant Syracuse, la route serpente à travers l’arrière-pays sicilien, entre collines verdoyantes, oliviers tordus par le vent et murets de pierre sèche, jusqu’à Ragusa. Ragusa Ibla, sa vieille ville perchée, apparaît soudain, comme sortie d’un décor de cinéma. On s’arrête instinctivement pour la photo panoramique. Impossible de résister.

Les ruelles s’entrelacent, serpentent entre escaliers et façades dorées, menant à de petites places charmantes. La ville semble empilée sur elle-même, un enchevêtrement vertigineux de ruelles, d’escaliers et de bâtiments baroques. Comme souvent en Sicile, tout a été reconstruit après le terrible séisme de 1693 : résultat, un baroque flamboyant parfaitement intégré au relief escarpé, qui donne à Ragusa Ibla son charme unique et spectaculaire.



On descend dans Ibla — parce qu’évidemment, on commence toujours par descendre. Ragusa Ibla se découvre lentement. Chaque virage offre une nouvelle perspective, un jardin caché, une petite place inattendue. On monte, on descend, on remonte.







Le Duomo di San Giorgio surgit au détour d’une rue, majestueux et théâtral, avec son large escalier qui invite à la pause contemplative. Depuis les hauteurs, la ville se déploie en terrasses et escaliers, et la lumière de février accentue les nuances dorées de la pierre.




La vue depuis les hauteurs est spectaculaire : les collines verdoyantes s’étendent à l’horizon, le ciel immense domine la scène, et les pierres dorées illuminent la ville en contrebas. En février, l’air est clair, les couleurs sont nettes. La ville paraît presque intime, loin de l’agitation estivale.









Noto – La diva baroque
Plus au sud, Noto se distingue par son baroque lumineux. Les façades s’alignent avec une harmonie parfaite, donnant au Corso Vittorio Emanuele une élégance théâtrale. La Cathédrale de Noto, perchée au sommet de son grand escalier, attire naturellement le regard, tandis que chaque détour révèle un balcon sculpté, une façade ornée ou un escalier plongeant dans l’intimité des petites places. Entre Ragusa et Noto, chaque ville raconte sa propre histoire, entre reconstruction après le séisme de 1693, baroque flamboyant et panoramas époustouflants sur l’arrière-pays sicilien.




On flâne sans objectif précis. On observe les balcons extravagants du Palazzo Nicolaci, soutenus par des figures sculptées un peu fantasques.












Syracuse antique : le parc de Néapolis
Avant de reprendre la route vers Catane, on décide de faire une halte au parc archéologique de Syracuse, le fameux site de Néapolis. Sur le papier, la promesse est immense : théâtre grec monumental, vestiges antiques, carrières de pierre chargées d’histoire… De quoi terminer le séjour en beauté. En réalité ? L’expérience est plus mitigée. la visite laisse un goût d’inachevé.
De nombreuses zones sont inaccessibles, fermées par des barrières qui limitent considérablement les points de vue. On se retrouve souvent à observer les monuments à distance, sans pouvoir vraiment les approcher. L’entretien paraît inégal : certaines parties donnent une impression d’abandon, loin du prestige que l’on attend d’un site aussi emblématique.
Et surtout, le manque d’informations frappe. Peu de panneaux explicatifs, très peu de contexte historique sur place. Sans guide ou sans avoir révisé l’Antiquité grecque la veille, on reste face aux pierres avec plus de questions que de réponses. À 14 euros l’entrée, on espérait une mise en valeur à la hauteur de l’histoire du lieu. Au lieu de cela, la visite se fait rapidement, avec une légère frustration.









Aci Castello
Sur la route du retour vers Catane, on s’offre une dernière parenthèse à Aci Castello, au nord de Catane. Le château normand – oui j’ai bien dit normand – posé sur sa roche de lave noire, domine une mer d’un bleu profond — décor parfait pour clore ces trois jours siciliens.
Depuis le château, la vue s’ouvre sur la Riviera dei Ciclopi. Une dernière inspiration iodée, un dernier regard volcanique… et il ne reste plus qu’à rentrer, le cœur léger et l’estomac beaucoup moins.










Le coin des gourmands
À Catane
Munnu Arancinu – C’est l’enseigne incontournable pour déguster des arancini traditionnels, croustillants à l’extérieur et fondants à l’intérieur. Vous en trouverez pour tous les goûts. Pour ceux qui préfèrent le sucré, ils servent également des cannoli. Idéal pour un encas rapide ou un déjeuner sur le pouce.


À Syracuse
Arricriati – Perché sur le Lungomare Alfeo à Syracuse, le restaurant Arricrìati est une adresse incontournable en bord de mer. Avec sa vue imprenable sur la Méditerranée, l’ambiance y est à la fois détendue et conviviale : on sirote un verre, on savoure le panorama et on se laisse envoûter par le charme du littoral. Côté assiette, place aux saveurs siciliennes authentiques, avec des produits de la mer frais et des plats généreux qui racontent la richesse de la gastronomie locale.


Da Carmelo – Charmante pizzeria cachée dans une ruelle d’Ortigia, où les pizzas sont préparées à la main avec des ingrédients de qualité. On y dîne dans une salle voutée en pierres.
Le Vin de l’Assassin – Ce bar à vin cosy, tenu par Arnaud, un français, est l’endroit parfait pour déguster des crus locaux accompagnés de planches de produits siciliens. L’atmosphère y est conviviale et détendue.
La Sciccheria – Une pizzeria moderne et chaleureuse au cœur d’Ortigia, réputée pour ses pizzas cuites au feu de bois et ses plats siciliens préparés avec des ingrédients frais. Le restaurant y sert également les spécialités de pates à la sicilienne.

Enoteca Solaria – Une belle adresse pour découvrir les vins siciliens dans une ambiance intimiste. Idéal pour un apéritif ou une dégustation tranquille.
À Ragusa
Le Note – Un petit restaurant charmant avec une cuisine sicilienne inventive, idéal pour un déjeuner avec vue sur Ragusa Ibla.
À Aci Castello
Giancarlo Barone – Une adresse incontournable pour savourer la cuisine sicilienne traditionnelle et ses produits de la mer. Le cadre est simple, avec une vue mer, parfait pour un déjeuner après la visite du château normand.


comment se déplacer?
Si vous prévoyez un road trip dans le Sud-Est de la Sicile, la location d’une voiture est un vrai plus pour profiter de l’île en toute liberté. Entre les plages de rêve, les petits villages perchés et les routes panoramiques, vous allez en prendre plein les yeux ! Pour trouver une voiture facilement et à bon prix, je passe toujours par Discovercars. Le site compare les offres de plusieurs agences locales, c’est rapide, fiable, et super pratique. Et en plus, en réservant via mon lien, vous soutenez mon blog – alors merci d’avance:)