Il y a des destinations qui vous appellent pendant des années, qui s’installent quelque part entre les rêves et les écrans de veille. L’Islande faisait partie de celles-là. En plein cœur de l’hiver, j’ai enfin répondu à cet appel pour un voyage express de 72 heures, intense, brut, lumineux malgré la nuit.
Dès l’arrivée, le décor est planté : une terre sombre, presque lunaire, recouverte de neige, sculptée par le vent et le feu. Entre volcans fumants, glaciers immenses, cascades qui rugissent et plages de sable noir, chaque détour réserve sa surprise. Ici, la nature impose son rythme et rappelle, à chaque instant, qu’elle est la seule à décider. On comprend vite pourquoi on dit que l’Islande est un pays où la nature mène la danse.
C’est un pays où l’immensité et la puissance des paysages se font sentir à chaque pas, où l’on prend conscience de la force des éléments, et où chaque découverte laisse une impression durable. Bienvenue en Islande.


Les essentiels en 72h
Pour un voyage de 72 heures, il faut aller à l’essentiel : accepter de ne pas tout voir, mais profiter pleinement de chaque instant. Si vous séjournez à Reykjavík, il est très facile de partir à la découverte des paysages islandais le temps d’une journée. De nombreuses excursions sont accessibles depuis la capitale, parfaites pour tirer le meilleur d’un court séjour. Voici celles que nous avons testées et que je vous recommande sans hésiter.

Observer les aurores boréales dans les sources chaudes du Blue Lagoon
La grande passion des Islandais, c’est se baigner ! Impossible donc de visiter le pays sans profiter à notre tour de ses nombreuses sources d’eau chaude, piscines naturelles, spas et « hot tubs » (spas extérieurs chauffés naturellement). Et dans le sud de l’Islande, les choix ne manquent pas.
Quoi de mieux pour démarrer ce week-end prolongé que le mythique Blue Lagoon ? Se glisser dans cette eau laiteuse et naturellement chaude, alors que l’air glacial mord la peau, est une expérience presque irréelle. La vapeur flotte autour de nous, le silence est apaisant, et le contraste est total.
Ce soir-là, la chance est avec nous : mes premières aurores boréales apparaissent dans le ciel. Entourée des copains, un verre à la main, nous restons figés, fascinés par cette danse verte et hypnotique. Un instant suspendu, presque irréel.





Information pratique: Côté budget, l’entrée au Blue Lagoon reste un vrai investissement. Les tarifs débutent généralement entre 80 et 120 € par personne, selon l’horaire (heures creuses ou de pointe) et la formule choisie. Le billet Standard inclut l’accès au lagon, un masque au silicium et une boisson au bar, tandis que les formules Confort ou Premium ajoutent une serviette, parfois un peignoir, ainsi que des soins supplémentaires. Il est fortement conseillé de réserver en ligne à l’avance – via le site officiel : Réserver le Blue Lagoon – surtout en haute saison, car le nombre d’entrées quotidiennes est limité. Comptez en moyenne 2 à 3 heures sur place, ce qui est largement suffisant pour profiter du lagon, des zones de détente et des infrastructures (sauna en accès libre). Le site se situe à environ 45 minutes de Reykjavik et 20 minutes de l’aéroport de Keflavík, accessible en voiture ou via des navettes dédiées. Les vestiaires sont modernes et bien équipés (douches, casiers, gel douche).
admirer la cascade Seljalandsfoss au lever du soleil
En Islande, les noms de lieux ressemblent parfois à des mots de passe Wi-Fi… Mais rassurez-vous, il existe une astuce simple : « foss » veut dire cascade. Vous verrez donc ce terme absolument partout. Le pays en est littéralement rempli, avec des chutes d’eau toutes plus impressionnantes les unes que les autres.
En décembre, inutile de régler le réveil trop tôt : le soleil ne se lève qu’aux alentours de 10h30. L’air est glacial, la route quasi déserte, mais l’excitation est bien réelle : nous sommes là pour admirer le lever du jour face à Seljalandsfoss, l’une des cascades les plus connues d’Islande, haute de 65 mètres quand même.
Quand le ciel commence enfin à s’éclaircir, la cascade se pare de nuances de rose, d’orange et de violet. Petit bonus de Seljalandsfoss : on peut normalement passer derrière la chute et en faire le tour. En théorie seulement. En hiver, le sentier est complètement gelé, donc à moins d’avoir des talents de patineur artistique, mieux vaut renoncer. Pas grave : même sans passer derrière, le spectacle est tout simplement magique. C’est précisément pour vivre des instants comme celui-ci que je rêvais de l’Islande depuis si longtemps.








Marcher au pied de Sólheimajökull : approcher un géant de glace millénaire
Quelques kilomètres plus loin, changement d’ambiance avec le glacier Sólheimajökull. Contrairement à la plupart des glaciers d’Islande, celui-ci est facile d’accès. Il est aussi le plus proche de Reykjavik, à seulement 1h30 de route, et à une trentaine de minutes du petit village de Vik. C’est parfait pour une excursion d’une journée, même si vous avez un emploi du temps serré.
Dès l’arrivée, le spectacle frappe. Face à cette immense masse de glace striée de noir, on se sent tout petit. Chaque fissure raconte des siècles d’histoire, et chaque craquement montre que la glace est en mouvement. Marcher le long du glacier, c’est sentir le froid piquer la peau, respirer l’air pur et sec, et parfois entendre le vent s’engouffrer dans les crevasses, comme un sifflement mystique.
Les nuances de bleu et de gris changent selon la lumière, créant des paysages presque irréels. De petites étendues d’eau reflètent le ciel comme des miroirs. Le silence autour accentue l’impression d’immensité et de solitude.
L’Islande est vraiment une terre façonnée par la nature. Et le nom du pays en dit presque tout : « Ísland » signifie « terre de glace » en vieux norrois… ou en vieil islandais pour les puristes 😉.






















Informations pratiques: Deux options s’offrent aux visiteurs : l’observation libre (gratuite, hors parking) ou la randonnée guidée sur glacier, recommandée pour la sécurité. Les excursions guidées coûtent entre 120 et 160 € par personne, équipement inclus (crampons, casque). Marcher sur cette glace millénaire est une expérience marquante, qui rappelle à quel point la nature islandaise est vivante et fragile. Si vous décidez de choisir la première option, pensez à prendre des crampons avec vous.
S’aventurer jusqu’à l’avion abandonné de Sólheimasandur
Autre moment fort du séjour : la balade jusqu’à l’avion abandonné de Sólheimasandur. Posé là, au beau milieu d’une immense plaine de sable noir, cet avion militaire américain échoué depuis les années 1970 semble tout droit sorti d’un film post-apocalyptique.
Pour y accéder, il faut parcourir environ 7 km aller-retour à pied, à travers un désert de sable volcanique balayé par le vent. Le trajet est long et parfaitement plat, et en hiver le paysage devient encore plus irréel : silencieux, presque lunaire, avec cette impression de marcher vers absolument nulle part… jusqu’à ce que l’avion apparaisse enfin à l’horizon. L’accès est gratuit, mais il faut prévoir du temps, de bonnes chaussures et surtout une météo clémente — le vent islandais n’est pas réputé pour sa douceur.
Une fois arrivé, l’épave s’impose soudain dans le paysage : une carcasse blanche, solitaire, perdue au milieu de cette immensité sombre. Le contraste avec le sable noir et le ciel islandais est spectaculaire, presque irréel, et l’on se sent immédiatement très loin de tout.
Pour la petite histoire, l’appareil est un Douglas R4D-8, aussi appelé Super DC-3, utilisé autrefois par la US Navy. En 1973, lors d’un vol logistique, il s’est écrasé ici à la suite d’un problème technique. Bonne nouvelle : tout l’équipage a survécu. L’avion, lui, n’a jamais été récupéré… et est devenu depuis l’un des spots les plus iconiques — et photogéniques — d’Islande.
Information pratique: Pour y accéder, il faut marcher : la conduite sur le sable est strictement interdite, afin de préserver cet environnement fragile. Un parking aménagé, construit le long de la route principale, permet de laisser son véhicule avant de partir à pied. Comptez environ une heure de marche pour atteindre l’avion. Pour ceux qui préfèrent une option plus confortable (ou qui veulent économiser leurs mollets), il est désormais possible d’emprunter une navette reliant le parking à l’épave. Elle circule régulièrement et peut être réservée à l’avance, une alternative pratique lorsque le vent souffle fort ou que la météo se montre capricieuse.









Parcourir le célèbre Cercle d’Or
L’excursion que l’on appelle communément le Cercle d’Or regroupe trois des sites les plus emblématiques du pays. C’est un concentré d’Islande, parfait pour une première immersion.
Attendre l’explosion du geyser : observer la terre s’exprimer
Le site le plus emblématique du Cercle d’Or est sans doute la zone géothermique de Geysir, celle-là même qui a donné son nom à tous les geysers du monde. Si le geyser originel fait aujourd’hui preuve d’un calme presque suspect, son voisin Strokkur compense largement : toutes les quelques minutes, il entre en éruption et projette une impressionnante colonne d’eau bouillante vers le ciel.
Le spectacle est aussi fascinant qu’hypnotique — on se surprend à l’attendre encore et encore, comme si la prochaine éruption allait être différente. Ici, l’Islande révèle toute l’énergie qui bouillonne sous nos pieds. Le sol fume, l’eau frémit, la tension monte… puis soudain, l’explosion. Le geyser jaillit à plusieurs mètres de hauteur sous les regards émerveillés des visiteurs.
L’accès au site est entièrement gratuit, ce qui en fait l’une des expériences les plus spectaculaires sans dépenser un centime. Une preuve éclatante que l’Islande est une terre de feu autant que de glace — et qu’elle ne se prive pas de nous le rappeler.





















Ressentir la puissance de Gullfoss : découvrir l’Iguazú version islandaise
On poursuit ensuite vers Gullfoss, sans doute la cascade la plus célèbre du pays. Ici, la nature se montre dans toute sa puissance. L’eau se précipite avec fracas dans un canyon profond, soulevant une brume glacée qui enveloppe le site. En hiver, la cascade se pare de glace et de neige, rendant le paysage encore plus spectaculaire et presque irréel.









Marcher entre deux continents à Þingvellir
A proximité de Gullfoss et des geysers, l’Islande dévoile un autre visage à Þingvellir, l’un des lieux les plus symboliques du pays. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce parc national est unique : c’est ici que se rencontrent — et s’éloignent lentement — les plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne. Les parois rocheuses se dressent de chaque côté du chemin, comme si la terre s’était ouverte en deux. Þingvellir est aussi un lieu chargé d’histoire : c’est ici qu’a été fondé, en l’an 930, l’un des plus anciens parlements du monde, l’Alþingi. Un détail qui donne au site une profondeur supplémentaire, mêlant puissance naturelle et héritage humain.













Information pratique: L’accès au parc est gratuit, seul le stationnement est payant (environ 7 à 10 €). Une visite aussi impressionnante que symbolique, qui ajoute une dimension presque philosophique à ce voyage express au cœur de l’hiver islandais.
Randonner avant de s’immerger : nager dans une rivière chaude au cœur des montagnes
Pour conclure ces 72 heures, rien de plus magique qu’une balade dans la montagne, à travers la neige et le silence, avant de plonger dans une rivière naturellement chaude. Le contraste est encore une fois saisissant : le corps se détend, l’esprit s’apaise. Autour de nous, la nature est intacte, presque sacrée. À quelques kilomètres de Hveragerði, à Reykjadalur, le sentier s’élève doucement à travers les montagnes islandaises, entre neige, vapeur et silence. Le paysage est vivant : le sol fume par endroits, l’odeur de soufre rappelle que la terre est en perpétuel mouvement.
La marche, d’environ une heure à une heure trente selon le rythme, se fait dans le froid hivernal, parfois balayée par le vent. Puis, au détour du chemin, apparaît la rivière. L’eau claire serpente au milieu de la vallée, naturellement chauffée par l’activité géothermique.
Le moment du changement de tenue arrive alors… et il faut agir vite. Très vite. Ici, le froid est glacial et chaque seconde passée hors de l’eau ressemble à un défi personnel. On se glisse donc dans la rivière sans traîner, savourant aussitôt le contraste magique entre l’air polaire et la chaleur enveloppante de l’eau. Une fois immergé, tout s’oublie — sauf l’idée qu’il faudra ressortir.






lever les yeux sous les aurores boréales
Pour clore ces journées intenses, nous avons eu la chance d’observer les aurores boréales tard dans la nuit, à une quarantaine de minutes en voiture de Reykjavik. Le ciel s’est animé de voiles verts, souvent très discrets et presque imperceptibles à l’œil nu. Plus d’une fois, il fallait scruter le ciel ou passer par l’écran de l’appareil photo pour vraiment les distinguer et admirer leur danse lente au-dessus de nous. Même timides, ces lueurs fascinent et rappellent que l’Islande sait émerveiller jusque dans les détails les plus subtils.






comment se déplacer en islande
Pour explorer l’Islande en toute liberté, un 4×4 est presque indispensable, surtout si vous comptez vous aventurer hors des routes principales. Les transports en commun sont très limités et les distances entre les sites touristiques sont souvent trop importantes pour compter sur les bus. Nous avons loué notre voiture via Discovercars, une plateforme simple et fiable qui compare les offres de plusieurs agences, permet de choisir facilement le type de véhicule et de vérifier les assurances incluses. Rouler en 4×4 apporte un vrai confort et surtout une sécurité supplémentaire face aux routes parfois imprévisibles, surtout en hiver. La réservation est rapide et la prise en charge du véhicule se fait sans stress, ce qui permet de commencer l’aventure islandaise sur les chapeaux de roue — et de profiter pleinement de chaque découverte.
Le coin des bonnes adresses
Höfnin: Un incontournable pour les amateurs de fruits de mer. Situé sur le port de Reykjavik, ce restaurant propose des plats frais et généreux, avec un service chaleureux et une ambiance conviviale. Idéal pour goûter aux spécialités locales dans un cadre agréable. Le restaurant propose également un menu dégustation raffiné. Une vraie belle adresse!
Harry’s Seafood: Une autre excellente option pour les amateurs de poisson et crustacés – mais pas que. Harry’s Seafood mise sur des produits locaux de qualité et des recettes simples mais savoureuses.
En quelques jours seulement, l’Islande m’a offert bien plus qu’un voyage : une succession d’émotions, de paysages inoubliables et de moments partagés. Ce séjour express a confirmé une chose : certaines destinations marquent à jamais. Et l’Islande, même en 72 heures au cœur de l’hiver, laisse une empreinte profonde.
Reste plus qu’à planifier le prochain voyage en Islande 😉
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